Jielvé Site Admin

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Posté le: Sam 06 Mar , 2010 2:23 am Sujet du message: Massives aides européennes pour l’Océanie |
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SUVA, 5 mars 2010 (Flash d'Océanie) – Les annonces de déblocages de fonds européens au bénéfice des États insulaires océaniens, que ce soit sur le mode multilatéral ou bilatéral, se sont succédées ces dernières semaines, avec comme point d’orgue, cette semaine, la signature de quelque vingt deux millions d’euros avec le Forum des Îles du Pacifique (FIP), à Suva.
La dernière enveloppe en date, signée mercredi entre l’Ambassadeur Wiepke van der Goot (qui dirige la délégation régionale de l’Union Européenne, basée à Suva, Fidji) et Tuiloma Neroni Slade, Secrétaire-Général du FIP, est directement issue du dixième Fonds Européen de Développement (FED, pour la période 2008-2013)
Il s’agit de la première série de trois projets multilatéraux de l’UE pour le Pacifique, dans le cadre d’une nouvelle stratégie axée notamment sur le développement durable, le développement d’énergies renouvelables et la protection des ressources naturelles en Océanie.
Ces trois projets concernent un soutien scientifique à la gestion des pêcheries en milieu côtier et océanien (9 millions d’euros), la poursuite d’un projet de gestion spécifiquement consacré à la ressource thonière dans toute la région (programme DevFish, 8,2 millions d’euros) mais aussi un nouveau projet consacré à la gestion d’une ressource encore largement inexplorée, mais présentant un fort potentiel dans plusieurs États insulaires de la région (dont la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou les îles Cook) : les minerais se trouvant par grands fonds sous-marins, le plus souvent sous forme de nodules polymétalliques.
Ce dernier volet est doté de 4,7 millions d’euros.
Dans le cadre du FED, c’est le FIP qui agit comme trésorier payeur pour le compte des 16 États membres de cette région, qui en bénéficient au titre de leur appartenance au groupe des pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique).
Pour la période quinquennale couvrant le dixième FED, l’enveloppe prévisionnelle totale est de 95 millions d’euros, rappelle l’UE dans un communiqué qui souligne aussi l’importance du volet « intégration régionale » pour son action dans la région, y compris au niveau économique.
« L’océan et ses ressources sont les atouts les plus précieux des pays ACP du Pacifique. Ces trois projets vont améliorer la gouvernance de la région en matière de gestion des ressources halieutiques, renforcer sa capacité à lutter contre la pêche illicite et non signalée et aider à développer un système océanien de gestion pour les minerais situés à de grandes profondeurs », a souligné mercredi Wiepke van der Goot.
Le projet de gestion des ressources halieutiques reconnaît aussi le fait qu’environ un quart des prises mondiales de thon est réalisé dans l’Océan Pacifique, pour une valeur annuelle estimée à plus de trois milliards d’euros, mais dont, jusqu’ici, les États océaniens n’ont vu qu’une maigre part leur revenir.
Par ailleurs, plusieurs espèces de thon (thon jaune et thon obèse en particulier) se trouvant dans le Pacifique sont désormais considérées comme fortement menacées par un phénomène de surpêche.
Énergies renouvelables : Transfert de technologie et réseau universitaire
Toujours au plan régional, fin février 2010, 1,2 millions d’euros ont été annoncés pour un projet de financement du développement d’énergies renouvelables, qui passera cette fois-ci par les douze pays membres de l’Université du Pacifique Sud (USP, basée à Suva).
Ce nouveau projet européen met un accent particulier sur la recherche, le développement et les transferts de technologies dans les petits États insulaires, dans les pays ACP, via les réseaux universitaires existants ave pour objectif ultime de construire des bases régionales de savoir dans les bassins Caraïbe, Océan Indien et Océan Pacifique.
Les principaux partenaires de ce projet (baptisé « Direkt » pour « Small Developing Island Renewable Energy Knowledge and Technology Transfer Network »), d’une durée prévue de trois ans, sont l’University of West Indies (UWI, basée notamment à la Jamaïque, à Trinidad et Tobago et à la Barbade), l’University of Mauritius (île Maurice) et l’USP (University of the South Pacific), sous la direction de l’Université d’Hambourg (Allemagne).
Papouasie, îles Salomon et Vanuatu : les euros pleuvent aussi
Au plan bilatéral, ces dernières semaines, plusieurs accords sont venus en particulier dans les États de la Mélanésie.
Fin février 2010, c’est le chef de la délégation européenne en Papouasie-Nouvelle-Guinée, Aldo Dell’ Ariccia, qui annonçait, en cette période de rentrée scolaire, le déblocage d’une enveloppe de quelque vingt cinq millions d’euros, dont la majeure partie serait consacrée au soutien du secteur de l’enseignement public dans ce pays de plus de 6,5 millions d’habitants, y compris pour aider les autorités locales à distribuer gratuitement des cahiers et des manuels dans les écoles primaires.
Dans ces écoles, jusqu’ici, il n’était pas rare de constater des effectifs dépassant largement la cinquantaine d’élèves par classe avec pour la plupart d’entre eux la nécessité de partager un cahier ou un manuel entre cinq ou six élèves.
Ce programme comprend aussi un volet de bourses nationales pour les enfants les plus défavorisés, ainsi qu’un volet formation pour les maîtres des écoles.
Une autre part devrait être consacrée à la réfection ou à la construction de salles de classes.
En Papouasie-Nouvelle-Guinée, par ailleurs, l’UE a récemment soutenu des projets de microcrédit en milieu rural, en particulier pour les régions les plus isolées du pays.
Aux îles Salomon, cette semaine, le Premier ministre Derek Sikua, en visite à Bruxelles, annonçait qu’il avait décroché, après des entretiens avec les autorités européennes, dont Jose Manuel Barroso et Herman Van Rompuy (Président de l’UE), une nouvelle enveloppe de l’ordre de 15 millions d’euros, au titre d’un appui direct au budget de la nation.
Seule réserve européenne : les îles Salomon doivent maintenant faire en sorte d’être en conformité avec les critères de la Banque Mondiale et du Fons Monétaire International.
Les dossiers évoqués à Bruxelles avec les îles Salomon ont notamment couvert des questions financières, d’aide au développement, les élections législatives de cette année, les réformes politiques et économiques, le processus de réconciliation enclenché depuis la guerre civile (1998-2003) qui avait nécessité une internationale régionale sous commandement australien, en juillet 2003, et les changements climatiques.
Pour l’organisation des législatives de cette année, M. Sikua n’a pas fait secret de son désir de voir l’UE participer aux frais de financement de ce scrutin, dont la dernière édition, en 2006, avait été suivie de violentes émeutes dans la capitale et d’un changement de Premier ministre.
À Vanuatu aussi, l’UE a apporté un soutien financier direct au budget national.
Mi-décembre 2009, le Chargé d’Affaires européen à Port-Vila, Nicolás Berlanga, assortissant lui aussi son annonce des réserves d’usage concernant la compatibilité avec les normes FMI, donnait le feu vert à la contribution européenne au budget vanuatuan, à hauteur de 105 millions de Vatu (772.000 euros), au titre de l’aide à la poursuite des réformes économiques, mais aussi des secteurs clés que sont l’éducation et la santé publiques.
Un autre volet concerne, à Vanuatu, un projet d’aide aux agriculteurs et là aussi, au développement des systèmes de microcrédit en milieu rural, pour un total estimé à une soixantaine de milliers d’euros.
Tuvalu : gestion des déchets
Mi-février, enfin, au plan des récentes actions européennes en Océanie, une convention portant sur quelque 4,4 millions d’euros a été signée avec le petit État de Tuvalu, avec comme priorités une aide à la gestion et au traitement des déchets, une amélioration des systèmes d’hygiène publique (et notamment des fosses septiques) et de distribution d’eau potable.
Toujours dans le cadre du dixième FED, cette enveloppe est censée promouvoir une culture de traitement durable des déchets basée sur le recyclage et le tri sélectif, ainsi que la collecte de l’eau de pluie, dans ce petit État qui a été le plus souvent cité, ces dernières années, comme étant l’un des plus menacés par la montée du niveau des océans, associée aux changements climatiques.
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