Jielvé Site Admin

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Posté le: Sam 12 Sep , 2009 2:46 pm Sujet du message: Premier signe identitaire pour Tokelau : un drapeau |
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WELLINGTON, 11 septembre (Flash d'Océanie) –Les principaux dirigeants de la dépendance néo-zélandaise de Tokelau se sont vus remettre, lors de leur dernier déplacement en Nouvelle-Zélande, lundi, le drapeau de ce territoire néo-zélandais qui poursuit processus d’émancipation, notamment sous l’égide de l’ONU.
Ce drapeau, premier signe identitaire de Tokelau, a été remis des mains du Gouverneur Général de la Nouvelle-Zélande, Sir Anand Satyanand, au chef du gouvernement local, le « Ulu o Tokelau », Aliki Faipule Foua Toloa, lors d’une brève cérémonie dans la capitale néo-zélandaise.
Étaient également présents les deux autres « Faipule » (grands chefs) de Tokelau, Pio Tuia et Kuresa Nasau.
Les trois Faipule représentent les trois atolls de Tokelau.
Ce drapeau, dont les grands symboles ont été sélectionnés à l’issue d’un concours sur le territoire organisé en 2007, fait figurer en bonne place une pirogue à voie, la constellation de la Croix du Sud (quatre étoiles), le tout sur fon bleu symbolisant le grand océan Pacifique.
Déjà entériné par le « Fono » (l’assemblée territoriale) de Tokelau en février 2009, il a désormais obtenu l’aval de la Reine d’Angleterre (chef du Commonwealth) et devrait être inauguré en octobre, lors d’une session spéciale de l’assemblée locale, pour remplacer le drapeau de la Nouvelle-Zélande.
Un hymne national, second signe identitaire, est actuellement en cours d’élaboration, sur le même principe de soumissions par voie de concours public.
À l’occasion de cette remise, Aliki Faipule Foua Toloa a parlé de date historique dans l’histoire de cet archipel et de la construction d’une identité nationale.
Les dirigeant tokelauans se trouvaient cette semaine en Nouvelle-Zélande dans le cadre de leurs pourparlers annuels avec le gouvernement néo-zélandais et notamment le Premier ministre John Key et son chef de la diplomatie Murray McCully.
Fin juin 2009, les dirigeants de Tokelau avaient participé à New York à la dernière édition du comité spécial de décolonisation de l’ONU et semblaient avoir obtenu une pause dans le processus d’accession à un statut d’autogouvernement, par voie d’autodétermination.
Ils avaient notamment pris la parole devant ce comité à New York pour faire admettre l’idée selon la quelle « tout acte à venir d’autodétermination soit différé » jusqu’à ce que cet archipel se sente prêt, en premier lieu en matière de capacités de ses institutions, de ses infrastructures et de ses services essentiels, au nom de la « qualité de vie du peuple ».
C’est finalement sous forme d’une résolution que le comité de l’ONU a adopté en substance ces principes, que le Fale Fono (le Parlement de ce pays peuplé d’à peine quinze cent habitants, alors que plus de sept milliers de Tokelauans vivent en Nouvelle-Zélande) avait aussi soulignés en février 2008.
Deux référendums en moins de deux ans
À l'issue d'un second référendum d'autodétermination en moins de deux ans qui a débouché, fin 2007, sur un nouvel échec du oui à l'indépendance de ce territoire néo-zélandais, Helen Clark, alors Premier ministre de Nouvelle-Zélande, avait déclaré "respecter les souhaits du peuple de Tokelau"
"La Nouvelle-Zélande respecte les souhaits du peuple de Tokelau qui a voté en faveur d'un maintien en tant que territoire dépendant de la Nouvelle-Zélande, au cours de leur référendum qui vient juste de s'achever", avait alors déclaré Mme Clark, admettant que le minimum des deux tiers de voix requises en faveur d'un oui à l'indépendance n'ayant pas été atteint, c'est le statut de territoire dépendant qui reste en vigueur et non pas celui d'un système de "self-government" (auto gouvernement) en libre association avec la Nouvelle-Zélande.
"Les gouvernements (successifs) de Nouvelle-Zélande ont depuis longtemps adopté le point de vue selon lequel c'est au peuple de Tokelau de décider de la direction et du rythme auxquels il envisage son évolution politique", avait ajouté la dirigeante néo-zélandaise.
"Et maintenant, les électeurs de Tokelau ont une nouvelle fois indiqué, quoique de justesse, qu'ils ne veulent pas d'un tel changement à ce stade", poursuivait-elle dans un communiqué.
Helen Clark avait toutefois rappelé qu'en tant que territoire néo-zélandais, Tokelau dispose déjà, de toute manière, d'une large autonomie qui lui permet d' "exercer la plupart des responsabilités d'un pays auto gouverné".
"Et la délégation de tous les pouvoirs administratifs de la Nouvelle-Zélande restera en place", avait-elle assuré.
Mais la dirigeante néo-zélandais avait aussi, dans la foulée et tout comme au lendemain du premier échec du oui à l'indépendance en février 2006, évoqué un possible troisième référendum d'autodétermination pour les habitants de ce territoire "à un moment donné de leur avenir".
Statu quo, mais d'un cheveu
Ce second référendum d'autodétermination organisé en moins de deux ans auprès des électeurs de Tokelau s'est une nouvelle fois soldé par un échec.
Ce nouveau scrutin, qui était organisé dans les trois atolls de cet archipel, mais aussi auprès des nombreux Tokelauans résidant à Samoa, s'est à nouveau soldé par une majorité en faveur du statu quo, à savoir le maintien de cette collectivité en tant que territoire de la Nouvelle-Zélande (qui administre Tokelau depuis 1926).
Une nouvelle fois, même si les voix en faveur d'un changement de statut qui se serait orienté vers une formule d'auto gouvernement en libre association avec Wellington ont été importantes, les deux tiers requis pour adopter un changement institutionnel n'ont pas été atteints : il a manqué seulement seize voix pour faire pencher la balance du côté d'une majorité indépendantiste.
En effet, sur les 692 suffrages exprimés, 446 ont indiqué un oui à un changement de statut vers celui de gouvernement en libre association, 246 ont penché pour le statu quo.
Ce vote d'autodétermination concernait environ 1.400 personnes (dont environ 760 en âge de voter), réparties sur trois atolls, pour une superficie émergée de 12 kilomètres carrés).
Dans le cas d'un oui à l'indépendance, même si Tokelau se serait alors acheminée vers une forme d' "autogouvernement en libre-association" avec la Nouvelle-Zélande, Wellington aurait néanmoins conservé certains pouvoirs régaliens et aurait maintenu une aide financière significative.
Des relations "étroites et particulières"
En octobre 2006, Winston Peters, alors ministre néo-zélandais des affaires étrangères, avait annoncé pour novembre 2007 un second référendum d'autodétermination pour sa dépendance insulaire de Tokelau.
"Tokelau revoit actuellement la nature de ses relations avec la Nouvelle-Zélande (…) Un second référendum déterminant pour l'avenir constitutionnel de Tokelau aura lieu en novembre 2007 (…) Quel que soit le résultat de ce scrutin, Tokelau peut être assuré de l'amitié et du soutien continu de la Nouvelle-Zélande.", avait alors précisé M. Peters.
M. Peters a par ailleurs qualifié les relations entre la Nouvelle-Zélande et Tokelau de "très étroites et particulières".
"(Elles) sont basées à la fois sur la responsabilité de la Nouvelle-Zélande, en tant que puissance administrative et sur les liens que partagent les peuples de nos deux pays", avait-il ajouté.
Un premier non à l'indépendance en février 2006
Fin février 2006, sous l'égide de l'ONU, le premier référendum d’autodétermination pour Tokelau a donné une soixantaine de pour cent de « oui », mais pas les deux tiers nécessaires à l’adoption d’un nouveau statut de libre-association avec la Nouvelle-Zélande, puissance de tutelle depuis quatre vingt ans.
Le reste des électeurs a voté « non » et donc en faveur du statut quo, indiquant ainsi leur volonté de conserver le lien de dépendance vis-à-vis de Wellington.
Helen Clark, Premier ministre de Nouvelle-Zélande, réagissait alors en déclarant que Wellington « respectera pleinement les souhaits du peuple de Tokelau ».
" Nous avons toujours été du point de vue que c’est au peuple de ce territoire de déterminer la direction et le rythme de leur développement politique", ajoutait-elle alors, en rappelant au passage que "dans la pratique, Tokelau exerce déjà presque toutes les responsabilités d’un pays qui s’autogouverne".
Maintenir le cordon ombilical
Si Tokelau avait approuvé l’autodétermination, en accord avec la logique de décolonisation préconisée par les Nations-Unies, cette dépendance se serait alors dirigé vers une formule de « self-government » et conclure un nouveau pacte de libre-association avec la Nouvelle-Zélande, ce qui lui aurait garanti le maintien de subsides indispensables à sa survie et qui constituent quelque quatre vingt pour cent de ses ressources actuelles (soit environ 5,4 millions d’euros).
Selon ce statut, Tokelau aurait pu accéder à de plus larges compétences en matière de pouvoir exécutif, législatif et judiciaire.
Wellington aurait conservé un certain nombre de compétences régaliennes, dont la défense, comme c’est déjà le cas pour les îles Cook ou encore Niue.
Certains électeurs, au cours de ce scrutin, n’ont pas hésité à motiver leur préférence pour un statut quo.
En Nouvelle-Zélande, cette question a aussi fait débat au Parlement : John Hayes, membre du parti National (opposition), qui occupa dans les années 1990 plusieurs postes diplomatiques dans la région Pacifique, avait salué en ce rejet de l'indépendance un "triomphe du bon sens".
"Comment pouvait-on penser que quinze cent personnes éparpillées sur trois atolls à quatre cent kilomètres d’Apia auraient eu suffisamment de moyens financiers pour assumer le coût de l’autodétermination ? Les bureaucrates qui ont recommandé ce processus et les ministres qui l’ont aveuglément accepté ont perdu le sens commun. Tout ça, c’est un total gaspillage d’argent", lançait-il en février 2006.
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