 |
La Fondation Des Pionniers de Nouvelle-Calédonie Association culturelle et identitaire
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Jielvé Site Admin

Inscrit le: 07 Nov 2007 Messages: 435 Localisation: NOUMEA
|
Posté le: Lun 06 Juil , 2009 9:10 pm Sujet du message: Questions à la SMSP |
|
|
Monsieur André Dang, P.D.G. de la SMSP., a donné récemment une interview dans le supplément « Votre économie » des « Nouvelles Calédoniennes »
Fin avril, le passage éclair et fort peu médiatisé du nouveau P.D.G. de Posco, avait voulu nous rassurer sur le bon déroulement de la collaboration entre le groupe Posco et la SMSP même s’il semblait que l’éclairage restreint donné à l’événement était révélateur.
Beaucoup de Calédoniens, peu au fait des choses du nickel, tentent de comprendre ce qui se passe dans la construction de l’usine du nord.
Depuis une quinzaine d’années, la province Nord veut créer, à juste titre, une usine de traitement du nickel au pied du massif du Koniambo, à Voh. Ce gisement garniéritique et latéritique, l’un des plus grands au monde, sera sa propriété définitive quand un certain nombre de milliards auront été investis par Koniambo Nickel System ( KNS ), propriété de la SMSP à 51 % et Xstrata qui lui est associé à 49 % pour la création d’une usine pyrométallurgique de traitement du nickel.
Il est vrai que les conditions de cession, l’importance, la richesse du massif du Koniambo, sa proximité avec l’usine et le port sont des atouts essentiels pour son exploitation. Mais de nombreux facteurs négatifs sont également à prendre en compte : ouvrir une ou des mines a un coût. La constitution ex nihilo d’un parc de matériel d’extraction a un coût. La construction d’un port et d’un chenal d’accès capables de recevoir des minéraliers a un coût financier et un coût écologique. La formation d’un personnel hautement qualifié qui interviendra sur les mines et dans l’usine a un coût. La construction d’une usine de traitement du nickel a un coût, tout comme celle d’une centrale électrique. L’investissement initial est donc colossal.
Au contraire de la SLN qui, du fait de son ancienneté possède énormément d’installations et de matériels amortis, KNS doit tout créer et financer, essentiellement par emprunt, avec, en conséquence, des intérêts bancaires énormes.
Heureusement, la province Nord finance bon nombre d’aménagements sur ses fonds propres, grâce à une gestion prudente de ses ressources depuis de nombreuses années, accrues par les récents cours du nickel. Le coût de ces aménagements est inclus dans les investissements exigés par le gouvernement français pour céder définitivement le massif du Koniambo.
Mais Xstrata a déclaré que la valeur estimée du massif n’était pas suffisante pour justifier les dépenses liées à la construction d’une usine par ses seuls moyens, d’autant plus qu’il n’est qu’un partenaire minoritaire avec 49 % des parts. En conséquence, il a demandé à la SMSP de mettre la main à la poche, en plus de l’apport du massif et des aménagements. Le partenaire calédonien ne peut le faire car les sommes exigées sont hors de ses possibilités financières. Aussi, prenant cette impossibilité en considération, Xstrata vraiment très intéressé par l’accès au gisement de Koniambo, a proposé de prendre totalement en charge la construction de l’usine sous réserve que la SMSP rembourse, sur 25 ans, les sommes qui auront été avancées en son nom.
http://www.fondationdespionniers.com/forum/viewtopic.php?t=915
André Dang, grand ordonnateur du projet, esprit fertile s’il en est, a trouvé la solution à ce problème qu’on pouvait penser insoluble: rembourser les fonds avancés par Xstrata en s’associant au métallurgiste coréen, Posco, pour lui livrer du minerai à basse teneur que la SMSP peut tirer de différents gisements ou, à ce qu’il paraît, d’anciennes décharges ( ?) en bord de mer ... Posco a donc construit, pour le compte d’une nouvelle société où la SMSP est majoritaire à 51 % (SNCC : Société du Nickel de Nouvelle-Calédonie et de Corée) une usine pyrométallurgique dans un environnement industriel adéquat…. en Corée. Selon le joint venture conclu, pendant 30 ans, la NMC (Nickel Mining Corporation), filiale de la SMSP et de Posco, (51 / 49) livrera à un prix défini le minerai à basse teneur nécessaire à l’approvisionnement des fours coréens. http://www.smsp.nc/index.php?option=com_content&task=view&id=17&Itemid=54
Au passage, il serait intéressant de connaître la moyenne des teneurs déjà exportées en Corée.
Source : site de la SMSP. http://www.smsp.nc/index.php?option=com_content&task=view&id=15&Itemid=50
Mais, selon les fins connaisseurs du dossier, le pari ne tient pas : la SMSP ne disposerait que de 7 à 10 ans de réserves de minerai à basse teneur. Dans 7 à 10 ans, où va t-elle se procurer le minerai nécessaire à l’approvisionnement de l’usine coréenne ? En achetant du nickel aux autres « petits mineurs » ? Cette solution ne vaut que pour un dépannage mais pas sur le long terme. Sur le Koniambo ? Impossible ! Les accords de Bercy ne le permettent pas, le massif du Koniambo ne pouvant servir qu’au seul approvisionnement de la future usine du nord. Et nous savons tous que la SLN y veille car elle n’oublie pas que ce gisement lui serait retourné si l’usine n’était pas construite au bout d’un certain temps.
La fiscalité coréenne est certainement très avantageuse dans les investissements industriels puisque l’usine de Gwangyang parvient à dégager des bénéfices immédiatement après sa mise en marche malgré les livraisons insuffisantes de nickel brut, malgré la faible teneur livrée ( « Votre économie » juin 2009 )….
Toutefois le pari semble difficile à tenir pour la SMSP puisque ses partenaires coréens qui ont la totale maîtrise de l’usine – y a t’il un contrôle calédonien sur place à Gwangya ng ? -peuvent fort bien alléguer de livraisons de mauvaise qualité ou de charges imprévues (réfection d’un four détérioré, par exemple) pour rétrocéder le moins possible de bénéfices à leur partenaire calédonien ( « Les Nouvelles Calédoniennes « du 23 avril 2009 ). Dans cette hypothèse, qu’on ne saurait écarter, comment la SMSP rembourserait elle les avances faites par Xstrata ?
On est en effet parvenu au paradoxe de voir un fondeur coréen financer indirectement la construction de l’usine du Nord qui devrait lui faire concurrence à moyen terme….Depuis quand l’industrie minière verse-t-elle dans l’abnégation et dans l’oubli de ses intérêts à long terme ?
Revenons à Xstrata qui finance actuellement la totalité de l’usine en construction en Chine. La question se pose : Xstrata a t’il vraiment les fonds nécessaires au financement de l’intégralité du projet ? On sait que sa dette nette se monte à 12 milliards de dollars et que son ratio d’endettement avoisine les 30% (« Les Échos » du 22 juin 2009). On sait aussi depuis peu qu’il cherche à fusionner avec Anglo American pour trouver des économies d’échelle.
http://www.fondationdespionniers.com/forum/viewtopic.php?t=907
Face à ces réalités, Monsieur Dang entretient un flou artistique. A l’en croire, la SMSP remboursera les avances quand elle le pourra. ????. « Nous avons la possibilité de « faire le rattrapage » quand le marché ira mieux ». Une telle légèreté nous laisse pantois : on dirait qu’il s’agit de rembourser les 1000 francs qu’un ami vous a avancés un jour où vous n’aviez pas un sou en poche…Mais enfin, pour qui nous prend-on ? On parle là de centaines de millions de dollars, de dizaines de milliards cfp, pas de sommes dérisoires !
Pour parler de façon réaliste, si la SMSP ne pouvait pas rembourser, la solution, pour elle, ne serait-elle pas de payer Xstrata en actions de son capital en remettant en cause la répartition 51 / 49 d’origine ? Cette hypothèse est corroborée par Monsieur Dang lui même qui, dans l’interview accordée à « Votre économie » dit : « Nous restons à 51% jusqu’à ce jour dans le projet ». Jusqu’à ce jour ? La nuance est nouvelle ! Le fameux 51 / 49 pourrait-il être remis en question ? Qu’elle serait alors la réaction de l’État français empêtré dans ses propres dettes et peu désireux de voir naître des problèmes politiques et sociaux en Nouvelle-Calédonie ? Il laisserait faire ? A ce moment là, adieu les accords de Bercy, avec toutes les conséquences que cela implique…
Xstrata, devenu majoritaire, pourrait faire ce qu’il veut du gisement du Koniambo: livraison des basses teneurs à Posco, exploitation des garniérites pour l’usine du Nord dont la province Nord aurait perdu la propriété. Les habitants de la province Nord se sentiraient alors floués dans leurs légitimes aspirations à la propriété du gisement et de parts majoritaires dans l’usine, élément incontournable du rééquilibrage voulu par l’accord de Nouméa.
La lecture des Nouvelles du vendredi 26 juin 2009 nous apprend que le P.D.G. de Xstrata qui devait venir en Calédonie ces jours-ci a remis son voyage. Dommage ! Il aurait pu nous donner des informations précises, autres que les explications lénifiantes de Monsieur Dang.
Jean-Louis Veyret.
Président de la Fondation des pionniers
Tel . : 86 99 07
Mail : fondationpionniers@lagoon.nc |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Jielvé Site Admin

Inscrit le: 07 Nov 2007 Messages: 435 Localisation: NOUMEA
|
Posté le: Sam 18 Juil , 2009 8:46 am Sujet du message: Réponse de Mr Dang |
|
|
En attendant que nous puissions la mettre en ligne, vous pouvez la lire dans le n° des "Infos" du 17 07 09. _________________ Jean-Louis VEYRET
Président de la Fondation des pionniers.
Tél : 86 99 07. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Jielvé Site Admin

Inscrit le: 07 Nov 2007 Messages: 435 Localisation: NOUMEA
|
Posté le: Lun 27 Juil , 2009 11:53 pm Sujet du message: Reponse de la SMSP |
|
|
Réponse de la SMSP aux interrogations des pionniers : >>ici<< _________________ Jean-Louis VEYRET
Président de la Fondation des pionniers.
Tél : 86 99 07. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Jielvé Site Admin

Inscrit le: 07 Nov 2007 Messages: 435 Localisation: NOUMEA
|
Posté le: Sam 08 Aoû , 2009 5:26 pm Sujet du message: Deuxième série de questions à la SMSP |
|
|
C’est un grand honneur fait à la Fondation des pionniers que monsieur le Président Dang Van Nha, ait tenu à répondre personnellement à nos interrogations. De mémoire, c’est bien la première fois que nous sont données autant de précisions et d’explications. Nous vous en remercions.
Actuellement absent de Nouvelle-Calédonie, je ne puis qu’utiliser les colonnes des « Infos » pour vous transmettre, entre autres, mes remarques sur la dette « junior ». Dette dont je ne comprends ni la nécessité ni la finalité puisque les fonds étaient disponibles chez Xstrata et potentiels au travers des bénéfices liés au partenariat coréen pour la SMSP. Bien évidemment les conseillers de l’État, ceux de la Banque Rothschild et ceux de la Banque Lazard ayant avalisé ce plan de financement, je n’aurai pas l’outrecuidance de persister dans mes questionnements.
En ce qui concerne le partenariat avec POSCO, votre présentation me fait penser à un jeu de Monopoly expurgé de toutes cases contrariantes et des cartes négatives. Tout se passe comme si vous ne tiriez qu’une seule carte, la carte gagnante : « Vous avez gagné un milliard de dollars « !!! Cela dit, j’espère sincèrement, pour la SMSP et ses salariés, que vous êtes dans le vrai et que vos choix stratégiques apporteront la prospérité au Nord calédonien sans devoir passer par la case Nouméa.
Le service Communication de la SMSP ayant aimablement invité la Fondation des pionniers à une présentation des réalisations en cours, nous profiterons de l’occasion ainsi offerte pour le féliciter de toutes les opportunités qu’il a su saisir ou initier pour porter aux nues la politique de la SMSP ou votre propre personne.
En effet, quand deux journalistes ont manifesté le désir de rédiger votre biographie officielle, chose jamais vu en Calédonie, elles ont bénéficié de toutes les aides nécessaires.
De plus, vos services de communication ont toujours su utiliser la naïveté d’un journaliste de RFO qui confond souvent dossier de presse et information. S’extasier sur la sauvegarde de trois hectares de mangrove
( au fait, que sont devenues les patates de corail transplantées ?), effleurer le problème de la pollution qu‘entraine le dragage du canal d’accès au port jusqu’à Koumac, ne trouver à Oundjo pour évoquer le sujet qu’un pêcheur uniquement préoccupé de toponymie des noms de lieux….voilà ce que nous appelons la maitrise de la communication.
Car, il faut bien le dire, toutes les informations que nous avons sur les activités de la SMSP proviennent de façon quasi exclusive des rares interviews ou conférences que vous donnez ou des communiqués émis par vos services.
Ce point évoqué, j’espère que vous comprendrez mieux mes motivations. Je n’ai, à ce jour, jamais entendu ou lu la moindre critique, mise en doute, interrogation mettant en cause vos affirmations. On peut même s’ interroger sur le silence assourdissant des associations écologiques ou économico- écologico-coutumières du genre Comité Rhebuu Nuu dont le leader semble frappé d’interdit au delà du creek Amik.
Nous serons donc particulièrement attentifs lors de notre rencontre avec votre service de communication sans rien perdre de notre esprit critique.
Jean-Louis Veyret, président de la fondation des pionniers. _________________ Jean-Louis VEYRET
Président de la Fondation des pionniers.
Tél : 86 99 07. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
Jielvé Site Admin

Inscrit le: 07 Nov 2007 Messages: 435 Localisation: NOUMEA
|
Posté le: Mer 19 Aoû , 2009 2:43 pm Sujet du message: LETTRE OUVERTE A Mr J-L VEYRET |
|
|
LETTRE OUVERTE A Mr J-L VEYRET, PRESIDENT DE LA FONDATION DES PIONNIERS
Monsieur le Président,
Dans un article paru dans les Infos du 31 juillet 2009 sous le titre « Quelques nouvelles questions » à propos de l’usine du Nord, vous insistez sur le « silence assourdissant des associations écologiques » quant aux impacts environnementaux de cette usine.
Il ne m’appartient pas de répondre au nom de l’association Rheebu Nuu que vous citez explicitement, mais je souhaite en tant que président d’Action Biosphère, association de défense de l’environnement, faire les remarques suivantes:
Dans un article paru dans les Infos le 8 juillet 2005 sous le titre « Du classement des récifs coralliens au patrimoine mondial », nous avions posé la question de la compatibilité du classement avec les projets miniers, y compris celui du Nord
Le 11 septembre 2005, dans le cadre de l’enquête publique relative à l’usine du Nord, nous avons fait part de nos observations sous le titre : « Projet Koniambo : Points de vigilance »dont voici quelques extraits :
1. « L’approvisionnement en eau douce des installations minières du projet Koniambo ne doit pas mettre en péril les ressources en eau potable des populations ni l’équilibre écologique de la faune et de la flore de la région.
2. Les espèces endémiques rares ou vulnérables de faune et de flore dans le périmètre du complexe industriel doivent être protégées et la conservation des espèces doit être garantie in situ. Sur mine, un inventaire préalable de faune et de flore doit être effectué, les zones servant d’habitat aux espèces en danger doivent être identifiées, ainsi que les zones tampons et les corridors écologiques, préalablement à toute exploitation. Si l’habitat d’espèces comme le Pétrel de Tahiti ou la Mégalure calédonienne ne peut être préservé sur le site de Koniambo, un site approprié doit être trouvé permettant à ces espèces de s’y adapter et de s’y reproduire. La pérennité de ces espèces doit être garantie préalablement à toute exploitation. Les parcelles de forêt sèche de la presqu’île de Vavouto doivent faire l’objet de mesures de protection.
3. Le choix de Vavouto pour l’accès de bateaux à fort tirant d’eau, nécessitant un chenal d’accès et près de 9 millions de m3 de débris de dragage et leur rejet en mer ne nous paraît pas acceptable au regard des risques pour l’environnement marin, en particulier les coraux et les espèces inféodées. Le port et éventuellement l’usine doivent être installés en bord de mer sur un site en eau profonde ne nécessitant pas la destruction massive du milieu marin et le minerai pourrait être acheminé par barges.
4. Le milieu marin risque également d’être fortement perturbé par l’enfouissement au fond de la mer du tuyau de rejet de l’eau de refroidissement de l’usine. La pose de cet émissaire nécessite une fouille générant des déchets de dragage et la mise en suspension de fines extrêmement préjudiciables aux coraux. Une autre solution ne portant pas atteinte au milieu marin doit être envisagée.
5. Le stockage des scories doit se faire dans le respect de l’environnement et ne pas détruire ou perturber un milieu riche et fragile. La composition chimique de ces scories doit être précisément identifiée. Si celles-ci présentent un quelconque danger, par exemple par la présence de chrome 6, ou d’autres substances dangereuses, elles ne peuvent être considérées comme déchets inertes et doivent faire l’objet d’une gestion particulière….
6. Toute surface décapée doit faire l’objet d’un reboisement en espèces endémiques… »
A propos de Vavouto, nous avons également précisé dans un document ultérieur :
« Les opérations de dragage du chenal entraîneront fatalement la mise en suspension de particules fines et de métaux lourds et affecteront :
- la topographie des fonds environnants
- la faune benthique via le dépôt des particules fines (coraux, éponges…)
- la chaîne trophique du lagon, qui sera affectée par la turbidité de l’eau… »
Nous avions évoqué aussi les impacts liés aux rejets atmosphériques ( SO2) avec les risques de pluies acides, de CO2 par la centrale thermique, l’érosion, les risques liés à l’introduction accidentelle d’espèces exogènes nuisibles ou envahissantes, et ceux dus à la présence d’amiante sur le site, la gestion des déchets liés notamment à l’afflux massif de population, le choc culturel pour les populations riveraines induit par l’irruption brutale d’une industrie et le passage d’un mode de vie traditionnelle à une société de consommation à l’occidentale et les coût sociaux du fait de l’exclusion d’une partie de la population non touchée par les retombées directes ou indirectes du projet…
Dans un article plus récent, paru dans les Infos sous le titre « L’après nickel, c’est aujourd’hui », également diffusé sur Nouvelle-Calédonie Info, nous avions écrit :
« ….Dans le cadre du Schéma d’Aménagement et de Développement, on aurait pu imaginer, par exemple dans le Nord, une seule usine métallurgique à Téoudié-Gomen, traitant la totalité du minerai des massifs de Poum, Tiébaghi, Kaala, Ouazengo, Koniambo, Kopéto et Poya. A charge pour les opérateurs miniers de s’entendre sur les termes d’un partenariat.
Dans cette hypothèse, le minerai aurait pu être acheminé à l’usine par un réseau cohérent de chalandages ou de voies ferrées, solution non surréaliste puisque des chemins de fer existaient sur certains centres miniers quand l’exploitation du nickel en était à ses débuts. Cette solution aurait eu l’avantage de mettre un terme à l’exportation de garniérite brute peu profitable au pays, et de réaliser des économies d’échelle en desservant tous les massifs de la Côte Ouest. Elle aurait aussi permis d’éviter la construction à Vavouto d’un port en eau profonde, dans un endroit où il n’y a que deux mètres d’eau, opération qui nécessite le dragage d’un chenal de 6,5 km de long, de 300 mètres de large et de 12 mètres de profondeur, générant plus de 9 millions de m3 de sédiments à relarguer à l’exterieur du lagon. Même en prenant toutes les dispositions possibles, il est difficile de croire que ces travaux n’aient pas un impact important sur le milieu marin. L’extraction de « katcha » et la diffusion de fines entraîneront la turbidité de l’eau, une couche de résidus sur les coraux et une dégradation à grande échelle de la flore et de la faune marines.
Il est regrettable que l’hypothèse « Téoudié » n’ait pas été étudiée plus attentivement et chiffrée en amont des décisions engageant irréversiblement le Projet du Nord »
Dans ce même article, nous avions dénoncé la « Lettre de confort » annexée à la Délibération n° 320 du 21 novembre 2007 permettant à KNS d’échapper à toute mesure contraignante découlant d’une réactualisation de la réglementation minière.
Dans un autre article, paru dans les infos sous le titre « L’activité du nickel, pertes et profits », nous avons évoqué le coût des rejets de CO2, dans l’hypothèse de l’adhésion de la Nouvelle-Calédonie au Protocole de Kyoto ou bientôt à celui de Copenhague si on lui imposait de payer le prix tutélaire de la tonne de CO2 évaluée aujourd’hui à 32 euros…et à qui incomberait cette charge. La centrale thermique au charbon de KNS y tient évidemment une part non négligeable.
Au moment de la création du Comité de suivi environnemental du projet KNS, des représentants associatifs ont eu l’occasion d’exposer ces éléments à l’assemblée et le 23 juin 2008, deux représentants des associations Action Biosphère et Corail Vivant ont rencontré des habitants d’Oundjo qui ont exprimé leurs inquiétudes et se sont révélés réceptifs à nos arguments.
Il est vrai que nous n’avons pas montré sur le terrain notre contrariété comme nous l’avons fait aux côtés de Rheebu Nuu pour l’usine du Sud. Nous avons exprimé nos réserves et notre opposition à certains aspects du projet du Nord, en particulier sur le chenal de Vavouto, mais nous avons estimé qu’il ne nous appartenait pas d’aller au-delà, dans la mesure où le projet du Nord est un projet de Pays qui s’inscrit dans une politique volontariste de rééquilibrage, détenu pour plus de la moitié des actions par les collectivités locales et qu’il est destiné à soutenir des initiatives visant à diversifier le tissu économique.
Il faut reconnaître aussi qu’il bénéficie d’une large adhésion des populations comme en témoigne la manifestation des peuples autochtones prévue prochainement à Vavouto, malgré tous les problèmes qu’il soulève. Il est en effet loin d’être exemplaire en matière de protection de l’environnement et il n’est pas du tout certain que ses promoteurs aient toujours choisi les solutions les moins destructrices pour le milieu naturel. Force est de constater qu’au Nord comme au Sud, la logique économique l’emporte sur la protection de l’environnement.
Nos déclarations à propos de l’usine du Nord, dont certaines remontent à 2005 vous ont peut-être échappé parce qu’elles ne sont pas largement relayées par les médias locaux. Comme vous pouvez le constater, elles ne peuvent pas être assimilées à un « silence assourdissant ».
L’histoire montre que les environnementalistes ont souvent une âme de précurseurs pour ne pas dire de pionniers, mais que les pionniers ont été rarement de fervents défenseurs de l’environnement. Nous sommes toutefois ravis de constater que les pionniers partagent aujourd’hui notre propre analyse à propos de la pollution entraînée par le dragage du chenal, le devenir des patates transplantées (que nous considérons aussi comme une opération de communication) , ou la destruction de la mangrove…
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées
Le 4 août 2009 Action Biosphère _________________ Jean-Louis VEYRET
Président de la Fondation des pionniers.
Tél : 86 99 07. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|